Moto · Grand tourisme

En GoldWing dans les Laurentides : le luxe a des ailes

Une journée au guidon de la référence du grand tourisme, dans le cadre d'une ride organisée par Moto Québec — courbes, lacs, villages et six cylindres qui ronronne.

Par Patrice Rivest · 2026 · Récit original GRIP365

La Honda GoldWing lors de la randonnée dans les Laurentides — essai Patrice Rivest
Le vaisseau amiral du tourisme, dans son habitat naturel

Il y a des invitations qu'on ne refuse pas. Quand la gang de Moto Québec organise une ride dans les Laurentides et qu'en plus, une Honda GoldWing t'attend pour l'occasion, tu ne vérifies même pas ton agenda : tu dis oui, et tu t'arranges avec le reste après. C'est exactement ce que j'ai fait — et laisse-moi te raconter pourquoi je n'ai pas regretté une seconde.

Le vaisseau amiral

La GoldWing, c'est une institution. Depuis des décennies, c'est la référence quand on parle de moto de tourisme, la machine qui a fait rêver des générations de motocyclistes en leur promettant une chose simple : partir loin, dans le confort, sans compromis. Et son cœur, c'est ce fameux six cylindres à plat de 1 833 cc — un moteur d'une douceur presque indécente, qui ronronne comme un gros chat et pousse comme un cheval de trait.

Assis dedans — parce que oui, on s'assoit dans une GoldWing, pas dessus — tu comprends vite le concept : selle moelleuse, protection au vent totale, système audio qui rendrait jaloux bien des salons, et une position de conduite qui te donne l'impression que la journée pourrait durer une semaine. Le luxe a des ailes, et elles sont dorées.

La Honda GoldWing sur les routes des Laurentides
Les Laurentides en GoldWing : quand la route devient un salon roulant

Les Laurentides, le terrain de jeu parfait

Si tu voulais dessiner une région exprès pour une moto de tourisme, tu dessinerais les Laurentides. Des routes qui ondulent entre les lacs, des villages qui sentent le café et la boulangerie, des courbes assez généreuses pour se faire plaisir et assez douces pour ne jamais stresser. Du bitume qui monte, qui descend, qui tourne — jamais longtemps pareil.

Et la GoldWing dans tout ça? Elle avale. Les longues lignes entre deux villages passent en silence feutré, la musique en trame de fond. Puis arrive une enfilade de courbes et là, surprise : cette grosse madame de tourisme se penche avec un aplomb qui déstabilise. Le centre de gravité bas fait des miracles, et tu te surprends à attaquer les virages avec un sourire de gamin. On ne parle pas d'une sportive, comprenons-nous — mais pour une machine de ce gabarit, l'agilité relève de la magie noire.

L'esprit de la ride de groupe

Une ride organisée par Moto Québec, c'est une mécanique bien huilée : un trajet réfléchi, des arrêts au bon moment, et surtout du monde de qualité. Des passionnés de tous les horizons, des montures de tous les styles — sportives, customs, aventurières — et cette camaraderie instantanée qui existe juste dans le monde de la moto.

Rassemblement de motos lors de la ride organisée par Moto Québec dans les Laurentides
La gang au rendez-vous — des machines de tous les styles, une même passion

Rouler en groupe, c'est un art : la formation en quinconce, les signaux de main, le respect des distances. Quand c'est bien fait — et avec cette gang-là, c'est bien fait — c'est un ballet. Et je vais te confier un secret : en GoldWing dans un groupe, tu deviens vite populaire aux arrêts. Tout le monde veut s'asseoir dessus, tout le monde veut entendre le six cylindres, et tout le monde repart en disant la même affaire : « Un jour, je vais m'en acheter une. »

Dîner, jasette et kilomètres

L'arrêt du midi dans un petit resto de village, c'est là que les rides de groupe prennent toute leur valeur. Les histoires sortent, les conseils s'échangent, les projets de voyage se dessinent sur le coin des napperons. C'est aussi ça, Moto Québec : une communauté avant d'être un média. Après 438 000 kilomètres, je peux te confirmer que les plus beaux souvenirs de moto, c'est rarement la machine — c'est le monde autour.

Le retour, à l'heure dorée

Le retour vers la maison s'est fait en fin d'après-midi, quand le soleil commence à raser les lacs et que les Laurentides passent en mode carte postale. C'est là que la GoldWing révèle sa dernière carte : le mode croisière contemplatif. Le régulateur enclenché, le six cylindres qui murmure à peine, la lumière qui joue dans les arbres — tu n'es plus en train de conduire, tu es en train de voyager. Nuance importante.

J'ai même pris le chemin le plus long, volontairement. Un détour de quarante minutes qui ne menait nulle part, juste parce que la journée était trop belle pour finir à l'heure prévue. Si ça, ce n'est pas le signe d'une moto réussie, je ne sais pas ce que ça prend.

Le verdict

La GoldWing n'est pas pour tout le monde, et elle ne s'en excuse pas. Son gabarit impose le respect dans les manœuvres serrées, et son prix te positionne clairement dans l'univers du grand tourisme. Mais pour ce qu'elle est conçue pour faire — transformer la distance en pur plaisir — elle demeure la référence, point final.

Une journée complète dans les Laurentides, des centaines de kilomètres de courbes, et je suis débarqué de là frais comme une rose, avec juste une envie : recommencer demain matin. C'est ça, la magie GoldWing. La route arrête d'être un moyen de se rendre quelque part. La route devient la destination.

Bonne ride, et salue la gang de Moto Québec, — Pat